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    Présentation

    Mardi 9 juin, à l'occasion de son 5e anniversaire, le Hub des territoires organisait une session du parcours élus, en partenariat avec la Fabrique des transitions : un espace d'apprentissage et d'échange pour tous les élus locaux en exercice. 

    Sylvie Pavlista, Présidente du PETR Causses & Cévennes et Frédéric Leturque, Maire d'Arras et Président de la Communauté urbaine d'Arras – deux territoires ayant été accompagnés par la Fabrique des transitions – ont été invités à témoigner des bienfaits de la coopération entre acteurs pour la conduite des politiques publiques. Julian Perdrigeat (La Fabrique des transitions) a complété leurs interventions en partageant quelques enseignements issus des accompagnements menés au cours des cinq dernières années auprès d’une centaine de territoires.

    La Banque des territoires : un appui pour les élus

    Gisèle Rossat-Mignod, Directrice du Réseau de la Banque des territoires, a rappelé en ouverture la singularité de  ce bras territorial de la Caisse des dépôts : il s’agit d’un partenaire financier, mais aussi d’un partenaire du « temps long », qui accompagne les élus dans l’émergence de leurs projets. Pour ce faire, elle a invité les élus à « oser faire confiance », à s’appuyer sur la proximité et les outils de la Banque des territoires et à cultiver l’agilité au cours de mandats marqués par l’adaptation au changement climatique et la complexité.

    France Villes & Territoires Durables : mobiliser les acteurs économiques

    En résonance avec les ambitions de la Fabrique des transitions, Sébastien Maire, directeur général de France Villes et Territoires Durables, a invité les élus à se mettre d'accord sur le réel : l'association porte un outil, « Cap Territoires durables », qui offre un panorama à 360° des sources de données disponibles pour mieux prendre en compte les enjeux locaux dans l'orientation des projets, les arbitrages budgétaires et les plans d'urbanisme. Face à l'accélération du dérèglement climatique, Sébastien Maire plaide pour des diagnostics territoriaux actualisés, intégrant la vision des acteurs socio-économiques, à commencer par les assureurs. Il présente le cas de Caen-la-Mer, qui illustre le besoin d'aller au-delà de la réglementation : un nouveau quartier se serait retrouvé avec 10 centimètres d'eau si la collectivité s'en était tenue à la seule réglementation. L'abandon de ce projet a néanmoins permis l'émergence d'un plan guide sur les 14 prochains mandats, pour assurer une transmission des informations jusqu'en 2100. Il souligne également la nécessité de renforcer la réciprocité territoriale : les métropoles, qui ne peuvent atteindre leurs objectifs climatiques sans compensation, ont plus que jamais besoin des territoires ruraux. Dans ce cadre, mieux vaut, selon lui, un élu qui coopère qu'un élu qui pilote seul.

    L’importance de l’échelle territoriale

    Suzanne Brolly, ancienne élue de Strasbourg, a rappelé que l'échelle territoriale reste la plus pertinente pour répondre aux enjeux climatiques, à condition d'en avoir une vision globale intégrant les dimensions sociales. Elle a insisté sur l'importance du récit : sans récit partagé, pas d'adhésion des populations. Elle livre un témoignage lucide sur la réalité des élus adjoints, peu outillés en début de mandat, dont la passation avec l'élu précédent et ses collaborateurs est insuffisante d'un mandat à l'autre. Suzanne Brolly s'est ainsi retrouvée dans une situation où elle devait prendre des décisions immédiatement, alors qu'elle n'avait pas encore une pleine compréhension du monde de l'habitat et de la réglementation de l'urbanisme. Elle invite les élus dans cette situation à communiquer avec leurs prédécesseurs et à s'appuyer sur les services, dont le rôle est d’assurer la continuité. 

    La coopérations au service de la transition

    Le PETR Causses & Cévennes est un territoire rural, confronté à la désindustrialisation, aux enjeux de mobilité et à une faible culture du risque malgré une exposition forte aux aléas climatiques. Grâce à une démarche de coopération engagée dès 2017 explique Sylvie Pavlista, le PETR a structuré une ingénierie de projet là où il n'en existait pas, répondu à des appels à projets ambitieux et intégré progressivement les cercles de décision régionaux, notamment sur la mobilité, où le territoire siège désormais aux côtés des métropoles.

    Frédéric Leturque a abondé en ce sens, saluant la justesse du témoignage de Sylvie Pavlista. Pour la Communauté urbaine d'Arras, la démarche a été similaire dans l'esprit : prendre le temps d'une méthodologie concertée, aller chercher la parole de tous les élus du territoire, et co-construire un projet de territoire assumant une « bifurcation » - un changement de cap autour des ressources humaines, de l'eau, de l'énergie et d'un développement maîtrisé des énergies renouvelables.

    D’après Julian Perdrigeat, Directeur général de la Fabrique des transitions, ce qui fait tenir ces démarches « ce ne sont pas des méthodes standardisées, mais des principes » : partir du « bas », s'ancrer dans le patrimoine commun, expérimenter et évaluer par la valeur y compris immatérielle.  Venue « d’en haut », la transition peut cliver et susciter des blocages, alors que portée et vécue depuis les territoires, elle devient possible.

    Date : 9 juin 2026