Édito
Les élections qui viennent de se tenir sont difficiles à interpréter ! Bien sûr, chaque situation locale est spécifique, c’est à chaque fois une équation unique. Et nous avons une pensée solidaire avec celles et ceux qui se sont donnés à fond au service de transitions territoriales, et qui n’ont pas rencontré de majorité électorale pour continuer le travail en cours.
Quelques tendances apparaissent néanmoins :
L’abstention continue à monter, très inégalement entre territoires ruraux et grandes villes. Cela pose des questions de démocratie, de citoyenneté.
S’il y a beaucoup de réélections, notamment au niveau des petites communes, il y a aussi beaucoup de bascules dans tous les sens. Pas facile d’en tirer des enseignements.
Si les élections ont toujours été un champ de passion, nous observons des débats qui peuvent aussi être très violents. Il y a de la radicalisation, la période n’est pas vraiment à l’apaisement.
De notre point de vue d’acteur·ices de la transition, il est évident aussi que cette question de la transition - quasi consensuelle en 2020 - est devenue, à de nombreux endroits, un élément de clivage majeur. Avec la montée de discours réactionnaires, et l’enfermement vers des solutions d’hier qui nous ont menés là où nous en sommes aujourd’hui.
Pour essayer d’affiner ces enseignements, nous avons engagé un travail d’analyse de ces résultats dans la centaine de territoires que nous avons accompagnés, à partir de nos pratiques, des diagnostics sensibles produits, des projets mis en place. Qu’en tirons nous ?
Globalement, quand il y de la sincérité, une clarté du cap, des résultats visibles, les électeurs valident, même si chaque situation locale a sa propre équation historique, humaine et collective. Les territoires qui sont dans une démarche de transition globale systémique, et essaient de la conduire dans une logique transversale, s’en sortent beaucoup mieux. Ils investissent dans l’engagement citoyen et tout ce qui permet la « capacitation » des acteurs, ils sont clairement dans la recherche de coopération et leur narratif est aligné avec leur volonté de changement de modèle.
À l’inverse, si l’ambition de transition n’est pas bien assumée, que les problèmes internes ne sont pas pris en compte à bonne hauteur (la relation aux services par exemple), si le portage est fluctuant, la vision nébuleuse, s’il y a un manque de cohérence interne, cela peut finir mal.
À chaud, on peut donc esquisser ici :
qu’il y a un enjeu important sur la capacité à donner un cap, à le rendre appropriable et concret par des actions du quotidien des habitants ;
que la qualité des processus au service de l’engagement, des acteur·ices et de la coopération entre eux est stratégique.
En conclusion, quelques clés :
Le diagnostic sensible sur les conditions de portage et de pilotage de la transition dans les territoires est une grille de lecture stratégique évidente, précieuse.
L’implication des habitants, des acteur·ices du territoire, est incontournable : sans elle, pas d’adhésion, ni d’efficacité. À ce niveau, la mise en récit de la transformation du territoire est une ressource précieuse.
Il y a importance à rendre visible la transition, dans le concret, avec de petites choses, qui viennent nourrir et accompagner l’approche par le sens, la visibilité du cap.
C’est cette feuille de route, précisée et renforcée, qui nous guidera pour les prochaines années.

