Établi N48 I Et si la diplomatie passait aussi par les territoires ?

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    Sortir des énergies fossiles : et si la diplomatie passait aussi par les territoires ?

    À Santa Marta, en Colombie, une soixantaine de pays se réunissent pour la première conférence sur l’abandon progressif des énergies fossiles. Ce format inédit, hors cadre onusien, témoigne d’une volonté d’avancer plus directement face à l’urgence climatique et en dépit des Etats fossoyeurs du cadre multilatéral historique.

    Ce sommet révèle aussi une limite persistante : les engagements internationaux progressent, mais leur mise en œuvre reste insuffisante. Dans un contexte de tensions géopolitiques et de dépendance énergétique accrue, la sortie des énergies fossiles devient une question de souveraineté et de stabilité.

    Dans ce cadre, la transition ne peut être pensée uniquement à l’échelle des États. Elle prend forme dans les territoires : dans les villes, les infrastructures, les systèmes économiques et les usages du quotidien. C’est là que se construisent les arbitrages, les compromis et les transformations concrètes.

    Pourtant, cet échelon reste encore insuffisamment structuré dans les dynamiques internationales. L’expérience de coopération entre Loos-en-Gohelle (France) et Yaoundé VI (Cameroun) illustre une autre approche, comme en témoigne la publication “Réorienter le paquebot-monde” (2026) : apprendre ensemble à partir de contextes différents, adapter les solutions, faire évoluer les politiques publiques. Elle montre aussi qu’aucun territoire ne peut agir seul.

    Le sommet de Santa Marta ouvre une voie avec les coalitions d’États volontaires. Mais cette dynamique gagnerait à être prolongée par des coopérations entre territoires à l’échelle internationale. Il devient nécessaire de structurer et renforcer les alliances entre villes et régions engagées, capables de traduire les engagements en actions concrètes, expérimenter et partager des solutions, contribuer aux politiques publiques à différentes échelles.

    La sortie des énergies fossiles implique des transformations profondes des systèmes économiques et sociaux. Elles ne peuvent être uniquement décidées d’en haut : elles doivent être construites et appropriées localement. Relier les engagements internationaux aux dynamiques territoriales apparaît aujourd’hui comme un levier central pour accélérer la transition.

    Le moment ouvert à Santa Marta invite à reconnaître pleinement cette articulation.

    – Julian Perdrigeat

    Directeur Général de La Fabrique des transitions.

    Date : 4 mai 2026